Un gouvernement ouvert et transparent à l’ère des algorithmes



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À quoi ressemble un gouvernement ouvert et transparent aujourd’hui et à quoi ressemblera-t-il à l’avenir? Quels sont les défis de l’accès à l’information dans un nouvel environnement numérique?

Les progrès en matière de technologies numériques mettent au défi l’ouverture et la transparence du gouvernement fédéral comme jamais auparavant. Grâce aux appareils mobiles, aux applications qui couvrent tous les aspects de leur vie et l’accès sans fil qui nous permet de rester connectés, les Canadiens ont davantage de contrôle. Ils exigent de plus en plus d’avoir un accès plus facile au gouvernement, une meilleure réactivité de sa part et de meilleures interactions avec celui-ci.

Les Canadiens souhaitent des relations avec leur gouvernement qui sont réceptives, aussi intégrées et aussi gratifiantes que les liens qu’ils ont tissés avec leur marque de produits de consommation. C’est dans ce contexte que les participants de l’équipe Gouvernement ouvert et transparent de Canada au-delà de 150 a cerné et exploré les trois domaines qui, selon elle, méritent le plus d’attention : le biais algorithmique et la transparence, l’accès à l’information et la fracture numérique.

Préserver l’équité de notre avenir algorithmique

L’apprentissage machine et l’intelligence artificielle basés sur les algorithmes ne sont pas des technologies futuristes : elles existent déjà aujourd’hui. Ils nous orientent vers les nouvelles que nous lisons, les produits que nous achetons et les personnes avec lesquelles nous nous lions d’amitié sur les réseaux sociaux. Ils permettent également aux universités de diversifier leur population étudiante et aux entreprises de décider quels candidats il faut embaucher. Aujourd’hui ces algorithmes vous permettent de réserver un moyen de transport; il est fort probable qu’à l’avenir ces algorithmes conduiront votre véhicule à votre place.

Les algorithmes ont le potentiel d’améliorer de façon spectaculaire la façon dont le gouvernement fournit les services, administre ses programmes, collecte et échange les données. Mais les données qui aident les machines à apprendre et la façon dont ces systèmes automatisés sont conçus peuvent présenter les biais humains et remettent en question nos approches à l’égard de la responsabilité et de l’équité.

Contrairement aux médias, aux librairies et aux services de covoiturage, le gouvernement a le devoir de s’assurer que les algorithmes qu’il utilise ne nuisent pas aux droits des personnes à l’équité procédurale. Afin de préserver l’équité, l’équipe Gouvernement ouvert et transparent propose que le Canada reconnaisse officiellement que les droits d’égalité des Canadiens ont besoin d’être protégés contre les prises de décision discriminatoires par les algorithmes. Le gouvernement pourrait capitaliser sur cette prise de conscience de nombreuses façons, par exemple, en créant un poste d’ombudsman chargé des algorithmes. Ce poste pourrait renforcer la transparence dans l’utilisation de décisions automatisées, l’apprentissage machine et l’intelligence artificielle.

Faciliter l’accès à l’information

Les participants ont examiné de près le régime actuel d’accès à l’information fondé sur la demande. Ils ont conclu que même si ce régime était modifié et amélioré, il ne répondait pas pleinement aux attentes des Canadiens et n’améliorerait pas leur perception du gouvernement.

Ceci dit, le groupe a reconnu que les nouvelles technologies et les technologies actuelles pouvaient améliorer l’efficacité du système. D’abord, la traduction automatique rendrait possible la publication de documents dans les deux langues officielles. Ensuite, les algorithmes logiciels pourraient aider le gouvernement à trouver des documents pertinents et proposer les rédactions nécessaires pour garder l’information sensible confidentielle.

Le gouvernement pourrait également s’organiser pour offrir de meilleures solutions. Il pourrait améliorer les systèmes de gestion de l’information interne pour déterminer les documents ayant le plus grand intérêt pour le public et les classer par ordre de priorité à des fins de divulgation. Et il pourrait exiger que des fonctionnaires rédigent des documents en prenant en compte l’accès et en traitant les renseignements confidentiels et sensibles de manière cohérente afin d’aider les logiciels à déterminer ce qui doit être divulgué ou non.

Combler la nouvelle fracture numérique

Les participants ont cerné un nouveau défi se rapportant au Gouvernement ouvert et transparent : un défi non directement lié aux mathématiques et aux machines; il s’agit de l’érosion de la confiance des Canadiens à l’égard de leurs institutions et de leurs gouvernements démocratiques. Un ensemble de faits semblent établir que les plateformes numériques qui promettent de nous connecter divisent en réalité un grand nombre d’entre nous dans des camps ou bulles numériques ou dans des solitudes séparées. Réunis dans ces mondes virtuels distincts, nous pourrions nous perdre dans les plaisirs pervers de la colère, de la peur et du pessimisme. Nous risquons de tomber profondément dans une chambre d’écho. Cela donnerait lieu à un pays où un nombre croissant de personnes s’isolent du véritable discours public qui mène à la confiance civile, au pluralisme et à la cohésion sociale.

Le gouvernement pourrait organiser et diriger une conversation nationale afin d’évaluer la portée de cette nouvelle fracture numérique et d’exposer les conséquences sur la confiance civile, l’engagement des citoyens et les institutions démocratiques. Il pourrait prendre en charge un programme de recherches de base dans ce domaine, pour mener finalement à la création d’une commission royale qui servirait de forum national pour les Canadiens afin de discuter des libertés numériques de notre époque de plus en plus connectée. La commission pourrait être exactement ce dont notre pays a besoin pour créer un gouvernement, peu importe son affiliation politique, qui est plus ouvert et transparent et surtout, qui inspire plus la confiance.

« Le principal défi pour le gouvernement est d’encourager un dialogue libre et ouvert qui maintient la confiance du public. »

 

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