Sujets divers, thèmes communs : Éléments observés en lien avec le travail des participants



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Au cours des dix derniers mois, les équipes de Canada au-delà de 150 ont travaillé séparément la plupart du temps, et avec différents partenaires et intervenants. Malgré cela, certains thèmes communs se dégagent de leur travail et peuvent fournir des renseignements sur notre époque, ou du moins sur la façon dont les nouveaux fonctionnaires perçoivent les défis à venir.

Survivre aux bouleversements et prospérer dans une économie transformée

Les travaux de prospective des participants indiquent que les technologies émergentes vont transformer l’économie et remettre en question la pertinence du soutien social actuellement offert par le gouvernement. Par exemple, les équipes Capital et dettes et Avenir du travail ont constaté l’émergence d’une « économie à la demande » dans le cadre de laquelle les travailleurs accomplissent des tâches au lieu d’occuper des emplois. Elles ont examiné comment cela peut se combiner avec une « économie du partage » où les individus paient pour utiliser des biens comme le logement et le transport plutôt que de les posséder (comme si l’on utilisait des modèles comme Uber et AirBnB pour presque tout). En somme, les participants ont constaté que l’économie canadienne connaît une transition majeure.

Ces changements peuvent aider les Canadiens à s’épanouir en offrant des conditions de travail plus flexibles et des possibilités pour les entrepreneurs, ainsi qu’en contribuant à la réduction de l’empreinte environnementale et de l’endettement découlant d’achats importants. D’autre part, il existe un risque que les Canadiens qui éprouvent déjà des difficultés soient encore plus désavantagés, étant incapables de se trouver un emploi sûr et stable, se trouvant exclus d’une économie du partage, et n’étant pas admissibles aux prestations et aux mesures de soutien du gouvernement telles qu’elles sont conçues actuellement. Les participants ont aussi constaté qu’en éliminant la relation d’emploi, une nouvelle catégorie d’entreprises pourrait échapper aux politiques et aux règlements mis en place au XXe siècle afin de garantir une participation sûre et équitable à l’économie canadienne. Les participants ont reconnu que divers groupes seraient touchés différemment.

Confiance et connexion

Plusieurs équipes étaient préoccupées par les thèmes de la confiance et des rapports sociaux. Par exemple, l’équipe Réconciliation a examiné les conséquences d’une rupture de confiance causée par le non-respect des droits des Autochtones. Elle a pris connaissance de certains déracinements traumatisants entraînés par les politiques et le recours aux institutions coloniales comme les pensionnats. Le groupe, qui a travaillé avec une aînée autochtone, a insisté sur la nécessité d’établir des liens plus profonds avec la terre, la communauté, les traditions et l’histoire. L’équipe s’est aussi intéressée aux langues officielles et aux langues autochtones, et a réalisé à quel point la langue est depuis toujours une puissante source de connexion entre les êtres humains.

L’équipe Développement durable a examiné la confiance et les rapports sous un autre angle. Elle s’est imaginé un monde où les capteurs intelligents, la chaîne de blocs et l’intelligence artificielle seraient des outils permettant de renforcer la confiance envers un certain indice de durabilité établi pour les produits de consommation. La technologie inspirerait aux consommateurs une plus grande confiance et leur permettrait de prendre des décisions d’achat reflétant les valeurs de la durabilité dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Les participants ont perçu cette réalité hypothétique comme un premier pas vers l’adoption d’une économie circulaire dans le cadre de laquelle la production et la consommation pourraient répondre aux besoins humains tout en respectant la capacité de charge de la planète.

Un certain nombre d’équipes ont également souligné que les technologies numériques pourraient miner la confiance et les rapports sociaux. L’équipe Bien-être a quant à elle constaté que les technologies numériques pourraient accroître l’isolement et la solitude chez les jeunes. L’équipe Gouvernement ouvert et transparent a prédit qu’une transition mal exécutée vers des décisions automatisées pourrait miner la confiance envers le gouvernement, le rendre moins intelligible et alimenter certains préjugés. Cette équipe a également examiné le scénario d’une fracture numérique émergente causée par des plateformes numériques qui créeraient des chambres d’écho et favoriseraient les conflits. Les technologies de réseau qui ont été annoncées comme démocratisant la connaissance au début du siècle sont désormais aussi utilisées pour faire des campagnes de désinformation et véhiculer de fausses nouvelles. Les participants ont insisté sur le fait que cela pourrait affaiblir le lien établi entre les Canadiens, miner la confiance du public et menacer la cohésion sociale.

Opinion partagée

Une opinion semble avoir été partagée par toutes les équipes. Pour prospérer dans le cadre de cette transition économique émergente et portée par la technologie, les Canadiens auront besoin de la souplesse, de la résilience, de la réconciliation et des capacités qui sont alimentées par les relations et les rapports qui existent dans la vraie vie. Ce sera l’occasion de miser sur nos rapports avec notre communauté et notre famille, sur nos relations personnelles, sur des milieux de travail respectueux et sur des établissements inclusifs qui valorisent la diversité.

Dans leurs rapports et leurs présentations, les participants ont mis l’accent sur les forces qui portent offense à l’intégrité des relations et du développement humains, qu’on peut souvent observer dans les modèles perpétuels d’exclusion ou d’oppression ou encore dans notre façon d’utiliser la technologie, qui nous isole et nous divise. Ils ont également essayé de trouver des moyens grâce auxquels le gouvernement pourrait aider les Canadiens à canaliser les forces des changements économiques pour que ceux-ci appuient le développement humain, duquel dépendra la réussite de la transition.

L’un des avantages tirés du programme Canada au-delà de 150 repose sur le fait que les participants ont fait l’expérience et se sont interrogés pour savoir de quoi les fonctionnaires auront besoin pour traverser les prochaines années. Leurs opinions et leurs propositions seront des renseignements utiles pour la fonction publique, qui continuera à approfondir ces questions.