Principes pratiques pour un gouvernement féministe



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Malgré son rendement enviable sur de nombreux fronts sociaux, le Canada fait face à un problème d’inégalité entre les sexes. Il faut tenir compte des faits suivants : la différence globale de revenus entre les hommes et les femmes qui travaillent au Canada est de 31 pour cent. Ce nombre augmente à environ 38 pour cent pour les femmes de couleur et à un incroyable 54 pour cent pour les femmes autochtones.


Ce n’est pas tout. Les femmes occupent comparativement peu de postes de pouvoir au Canada, notamment en politique et sur les conseils d’administration. Elles sont plus souvent des victimes de violence que les hommes. Et plus particulièrement les sous-groupes de la population (femmes handicapées, femmes autochtones, immigrantes ou réfugiées, femmes vivant en milieu rural, femmes LGBTQ2 et personnes transgenres et non binaires) font face à un risque encore plus élevé de discrimination, de marginalisation et de violence.

Qu’est-ce qu’un gouvernement féministe?

L’équipe Gouvernement féministe du programme Canada au-delà de 150 s’est efforcée de définir les caractéristiques d’un gouvernement féministe grâce à une longue série d’entrevues et d’engagements avec des intervenants et partenaires comme des jeunes, des femmes autochtones et des personnes transgenres et non binaires.

Principes d’un gouvernement féministe

Quatre principes sont ressortis du travail de mobilisation du groupe : un gouvernement féministe doit être inclusif. Il doit tenir compte des expériences et des identités qui se recoupent des gens qu’il sert. Il doit être axé sur les gens. Il doit aider les personnes à réaliser leur plein potentiel en fournissant des programmes et des services qui tiennent compte de leurs besoins et de leurs expériences. Il doit être accessible. Il doit rencontrer les gens là où ils sont et rendre la participation à la société et à l’économie plus facile. Enfin, il doit être collaboratif. Il doit encourager la coopération entre tous les ordres de gouvernement, le secteur privé et les citoyens.

Nouvelle réflexion de politiques publiques

L’un des enjeux qui revenaient dans les consultations des groupes était le manque de services personnalisés offerts aux communautés marginalisées, et le fait que les services existants sont peu adaptés à ces groupes. Les femmes immigrantes et réfugiées en particulier étaient considérées comme étant les plus à risque. Une orientation de politiques publiques en est ressortie. Le groupe a imaginé une série d’interventions qui réduiraient la proportion de femmes immigrantes et réfugiées qui n’utilisent pas pleinement leurs qualifications et leurs compétences dans leurs vies professionnelles au Canada.

La population du Canada née à l’étranger pourrait atteindre 30 % d’ici 2036.

Les nouveaux arrivants voient le Canada comme une terre de potentiel, mais ils font face à des difficultés importantes à leur arrivée. Par exemple, malgré un niveau de scolarité plus élevé que leurs homologues nées au Canada, les femmes immigrantes et réfugiées ont de plus faibles revenus. Elles sont aussi plus susceptibles de vivre dans un ménage à faible revenu et de faire face à une inadéquation importante entre leur niveau de scolarité et les compétences requises pour leur poste.

Principes en action : trois propositions

L’équipe a recommandé trois interventions pour aider cette population à risque. La première est un centre de talents pour les nouveaux arrivants. S’appuyant sur une approche semblable à celle des services de logement communautaire, ces centres aideraient les femmes et les personnes transgenres et non binaires à s’établir au Canada et amélioreraient leur organisation sociale et économique. En accord avec les valeurs féministes de base que sont l’inclusivité, l’accessibilité, la collaboration et l’accent mis sur les gens, ils :

  • offriraient une présence en ligne et physique;
  • fourniraient des conseillers virtuels et humains;
  • feraient la promotion de la collaboration entre les administrations, les partenaires communautaires et les immigrants et réfugiés qu’ils servent;
  • utiliseraient l’écoute active et l’empathie dans la mobilisation et l’élaboration de programmes;
  • rencontreraient les clients là où ils sont.

Les centres s’attaqueraient au problème lié aux taux de chômage chez les nouvelles arrivantes. L’équipe du gouvernement féministe propose aussi deux autres interventions qui pourraient être gérées par ces centres.

Les incubateurs d’entreprises pourraient lancer une obligation à impact social pour l’avancement professionnel des nouveaux arrivants, récompenserait les petits et moyens employeurs qui embauchent des nouveaux arrivants et qui les préparent pour des emplois exigeant des compétences plus élevées avant de leur accorder des promotions vers ces postes.

Les incubateurs d’entreprises pourraient fournir aux femmes immigrantes et réfugiées un accès à une formation essentielle en entrepreneuriat, du mentorat et des possibilités de financement de même que du soutien social comme des services de garde. Cela leur permettrait de se concentrer à trouver de nouvelles idées de programmes et services au Canada et permettrait au gouvernement du Canada de mieux positionner le pays comme étant accueillant pour les entrepreneurs. Cette intervention pourrait également donner aux femmes immigrantes et réfugiées les moyens d’entretenir des liens fructueux avec leurs réseaux de leur pays d’origine.

« Nous devons déterminer comment nous allons construire une société réellement équitable, sans quoi nous continuerons simplement à être en déséquilibre de la mauvaise façon. »

Intervenant de l’équipe Gouvernement féministe

 

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