On se prépare pour le marché du travail de l’avenir



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La technologie, la demande pour de nouvelles compétences et de nouvelles formes d’organisation économique peuvent radicalement changer le marché du travail de l’avenir. Comment le gouvernement peut-il aider les Canadiens à effectuer la transition efficacement et à s’épanouir dans un nouvel environnement?

Les participants de ce groupe ont utilisé la prospective stratégique pour examiner le marché du travail de l’avenir. Ils ont constaté que le travail est un moyen essentiel par lequel les Canadiens répondent à leurs besoins économiques, mènent à terme des projets collectifs et développent un sentiment d’utilité. Par contre, ils reconnaissent aussi que beaucoup de choses changent.

Étant donné l’importance du travail dans nos vies, les changements peuvent être déstabilisants. À l’avenir, de moins en moins de Canadiens entretiendront des relations d’emploi formelles à long terme, ce qui pourrait remettre en question le contrat social entre les employeurs et les employés. Ce changement peut réduire l’efficacité des dispositifs de protection sociale du Canada, nuire à la croissance inclusive et créer des pressions sur le tissu social canadien.

Une stratégie de capital humain à deux volets

L’équipe qui a étudié le marché du travail de l’avenir dans le cadre du programme Canada au-delà de 150 a envisagé des moyens de transformer le travail et d’encourager la diversité et l’inclusion socio-économique. Sa recommandation : une démarche stratégique à deux volets qui prépare les employés à s’adapter efficacement aux nouvelles conditions de travail et qui encourage les entreprises à investir dans le capital humain.

Premier volet : une plateforme de carrière interactive

Les participants ont exploré l’idée d’une plateforme de carrière interactive administrée par le gouvernement. La plateforme aiderait les Canadiens à obtenir les aptitudes et les compétences dont ils ont besoin pour travailler et à transférer facilement leurs ensembles de connaissances vers de nouveaux rôles lorsqu’un changement de carrière se produit.

La plateforme serait centralisée et axée sur les données, et elle exécuterait trois fonctions. Premièrement, elle définirait, mesurerait et validerait les profils de compétences des travailleurs. La plateforme pourrait aussi segmenter les emplois et les transformer en ensembles de compétences afin de permettre aux travailleurs de constater comment l’acquisition de nouvelles compétences pourrait leur permettre d’obtenir davantage d’emplois.

Deuxièmement, la plateforme encouragerait de nouvelles approches de l’exploration de carrière. Les travailleurs pourraient se brancher sur des casques de réalité virtuelle afin de découvrir les difficultés quotidiennes de la gestion des chantiers de construction, donner un cours à l’université ou s’occuper d’un poste de travail dans une centrale électrique. Cette exposition, combinée aux recommandations des conseillers en orientation professionnelle du système d’intelligence artificielle, pourrait aider les travailleurs à comprendre où leurs compétences serviront le mieux et où ils trouveront des occasions de travail valorisant.

Ces deux premières fonctions permettront à la plateforme d’exécuter sa troisième fonction : jumeler efficacement les emplois et les formations. Par exemple, elle pourrait analyser les compétences établies d’un utilisateur afin de trouver des transitions de carrière «hautement compatibles », tandis que les « compatibilités partielles » aideraient les entreprises à pourvoir des postes à court terme. À l’aide de cette plateforme, les Canadiens pourraient être mieux préparés à des transitions d’emploi fréquentes, et les employeurs pourraient accorder davantage d’importance au perfectionnement des compétences et à l’adaptation.

Deuxième volet : un nouveau contrat social

Il n’incombe pas seulement aux travailleurs de s’adapter aux changements du marché du travail de l’avenir. Le gouvernement et les entreprises peuvent aussi jouer un rôle dans la création d’un nouveau contrat social de travail.

Les participants ont proposé cinq politiques pour créer un ensemble de politiques de gestion de la main-d’œuvre. Chaque idée présente et soutient des programmes qui favorisent le souci et le bien-être des travailleurs : la sécurité d’emploi, la formation et le perfectionnement, ainsi qu’une rémunération proportionnelle aux efforts fournis. Les programmes visent notamment à :

  • utiliser les outils du gouvernement, comme Concierge, le service d’expertise d’Innovation Canada, pour faire connaître les entreprises qui respectent des normes élevées en matière de gestion du milieu de travail;
  • offrir du financement aux entreprises qui adoptent et maintiennent des pratiques positives en matière de ressources humaines, comme la formation sur l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+);
  • adopter un système de pointage de la gestion de la main-d’œuvre et s’en servir comme critère d’approvisionnement public;
  • créer un programme officiel de reconnaissance qui récompense les entreprises à haut rendement qui maintiennent des pratiques positives en matière de ressources humaines;
  • adopter des changements législatifs qui pourraient, par exemple, permettre au gouvernement d’offrir une protection s’étendant aux faillites d’entreprises qui affichent un historique notable de gestion de la main-d’œuvre.

 

Lisez le rapport complet de l’équipe