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Une vie de cobaye professionnel : Vivre l’expérience


Avec du recul, mes sept premières années dans la fonction publique ont suivi un parcours aléatoire : je suis passé de la production de rapports d’entreprises immobilières à des projets de TI et à la gestion de portefeuille, puis à la fonction d’agent libre occupant le rôle d’analyste des politiques des règlements fédéraux. J’ai également travaillé, pour le gouvernement, sur des projets parallèles qui étaient axés sur mes passions et intérêts personnels (comme les dons en milieu de travail, le développement d’applications mobiles, et l’établissement de liens entre les gens grâce à des réseaux pour les jeunes). En passant d’analyste subalterne à gestionnaire de projet, puis à superviseur, et en profitant des expériences que ces postes offraient, je me suis rendu compte que la diversité de l’expérience était le fil conducteur de ma carrière et que l’expérimentation (que je sois le testeur ou le testé) était l’élément le définissant.

En réfléchissant aux quatre premiers mois que j’ai passés en tant que participant au programme Canada au-delà de 150, j’ai commencé à voir le lien entre le caractère unique du concept de ce programme et la raison pour laquelle il m’a plu : j’étais un sujet d’essai, un cobaye, et je faisais partie d’un groupe qui apprenait comment exposer, mesurer et chercher des réponses à des questions difficiles et complexes à l’aide de nouveaux outils et de nouvelles techniques. Ici, le testeur est également le sujet, et l’expérience tout au long du programme est l’objectif, et non le résultat.

Il ne s’agit pas d’un parcours sans encombre, la participation à un programme expérimental comme celui-ci comprend de nombreux combats et de nombreuses frustrations. Et ces frustrations constituent exactement la raison pour laquelle je ne cesse d’en redemander.

Je suis hors de ma zone de confort.

Je travaille avec un groupe de femmes extraordinairement intelligentes et passionnées qui font des recherches sur l’avenir d’un gouvernement féministe. Compte tenu de la nature de notre recherche, on peut s’attendre à des tensions lorsqu’on explore les concepts de l’intersectionnalité, du pouvoir, du privilège, et des obstacles systémiques à l’égalité et l’équité pour tous les gens. Cela peut être gênant et perturbant – les changements de paradigme (les miens et ceux des autres) sont nécessaires, mais c’est un point duquel je peux apprendre et auquel je peux contribuer de façon significative.

Il se peut que le résultat ne soit pas clair.

Nous sommes appelés à étudier un sujet extrêmement difficile et à étudier les recommandations politiques potentielles qui pourraient avoir une incidence sur les générations qui nous suivent. La réflexion (non) féministe passée a entraîné des problèmes qui ne sont toujours pas abordés aujourd’hui, alors, comment pouvez-vous déplacer notre attention des enjeux actuels pour nous concentrer sur la création de politiques pour l’avenir? La clarté repose sur des hypothèses constamment mises à l’essai, mais également sur des solutions potentielles constamment mises à l’essai.

Pourquoi est-ce que je continue à en redemander?

Sur le plan personnel : pour pratiquer, apprendre et me perfectionner en continuant à pratiquer l’expérimentation ou en gardant ma mentalité de cobaye. Sur le plan professionnel, j’aimerais voir si des programmes comme les nôtres peuvent évoluer avec une nouvelle génération de fonctionnaires qui sont à l’aise avec l’inconnu, en particulier dans la mesure où les gouvernements n’ont plus le monopole de la recherche en matière de politiques.

Ce que je souhaite continuer à avoir tout au long de ma carrière au sein de la fonction politique, c’est cette aisance quant à l’inconnu et cette volonté d’examiner les problèmes politiques et d’expérimenter des solutions en dehors de ma réflexion traditionnelle.

Comme l’a écrit Emerson, la vie est une expérience. Pour moi, je fais partie d’une expérience merveilleusement unique qui nous permet de changer les vies à grande échelle. J’ai le sentiment que mon paradigme s’étendra et changera plusieurs fois avant que je termine le programme, et j’espère que le sentiment de frustration que j’ai de temps en temps signifie que je travaille sur des répercussions positives pour les années à venir.

Greg croyait que ses études en développement international et en mondialisation élargiraient ses horizons, mais il a réalisé que tout ce dont il avait besoin était d’une mineure en études de la femme. Habile dans l’art de la conversation. Auditeur actif qui adore se salir les mains et mener à bien des projets complexes. Heureux de préparer le terrain de façon collaborative là où c’est nécessaire.

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