Language selection

Language selection

Un équilibre précaire : la technologie et le mieux-être dans un monde en évolution


Si les technologies numériques nous rapprochent, risquent-elles, à l’inverse, de nous éloigner?

À l’aide d’une lentille de déterminants sociaux de la santé et du mieux-être, notre groupe a analysé cette question en interviewant des universitaires et des représentants d’ONG et de gouvernements. Bien que la cohabitation des nouvelles technologies et de profonds changements socio-économiques puisse être préoccupante, tout n’est pas négatif.

La notion d’appartenance est, à mes yeux, un élément saillant. En tant qu’immigrant au Canada et que personne handicapée, j’ai beaucoup réfléchi aux questions d’enracinement et d’interrelation. La technologie peut, dans un sens, bâtir des ponts : le logiciel de lecture d’écran et le téléphone intelligent à reconnaissance vocale représentent, pour moi, des modes essentiels d’interaction. Les plateformes de travail virtuelles et les médias sociaux nous rapprochent et elles créent des effectifs agiles et relient les personnes comme jamais auparavant. Néanmoins, un récent article de CBC traitant de la réalité virtuelle soulignait le fait que l’on confond présence et création d’empathie; or ce dernier sentiment humain est peut-être celui qui est menacé par notre dépendance excessive à l’égard de la technologie. En dépit de tout leur savoir technologique, beaucoup de jeunes sont enclins à la dépression et à l’angoisse, et ils n’ont pas nécessairement l’intelligence affective pour interagir efficacement avec l’aspect humain du monde qui les entoure.

L’exclusion peut déclencher de graves problèmes de santé mentale et marginaliser des segments entiers de la population. Paradoxalement, certaines personnes ressentant de la rancœur peuvent se tourner vers des médias sociaux de recrutement pour des groupes extrémistes – la récente montée des crimes haineux au Canada peut être un signal évocateur. Mais tout n’est pas négatif dans la technologie. La télésanté est un exemple de technologie pouvant aider à traiter la maladie mentale. Les voitures sans conducteur peuvent aider à réduire l’isolement social et à promouvoir l’autonomie chez les personnes âgées. Les nouvelles technologies permettent indubitablement d’offrir aux employés qui en ont besoin des mesures d’adaptation et possiblement d’atténuer la stigmatisation entourant la maladie mentale. J’estime que ces progrès sont remarquables.

Force m’est de souligner que l’iniquité d’accès demeure un sérieux problème pour bien de groupes minoritaires et que, lorsque la conception de produits destinés à faciliter la communication et à réduire l’isolement ne tient pas compte de certaines personnes, il se peut que ces personnes soient laissées pour compte. Par exemple, un outil collaboratif en temps réel comme Google Docs, qui est doté d’une interface facile pour la plupart des utilisateurs, continue de me poser problème, car je requiers de nombreuses solutions de rechange et d’aide de collègues pour m’en servir efficacement. Bien que la technologie accessible m’ait ouvert bien des portes en tant que personne aveugle, beaucoup d’applications informatiques ne sont pas compatibles avec le logiciel de lecture d’écran.

Nous ne vivons pas dans un monde parfait, car si c’était le cas, nous pourrions exploiter la technologie pour améliorer incommensurablement la vie de tous les Canadiens. Qui que nous soyons, je crois qu’à certains égards, nous tâchons tous de trouver des moyens d’évoluer dans un monde qui tourne de plus en plus vite. La technologie permet à mes parents de communiquer avec des membres de notre famille vivant en Irlande du Nord et elle me permet de poursuivre une carrière dans la fonction publique. Cela dit, même si la technologie crée des possibilités sans précédent pour les relations interpersonnelles et la croissance professionnelle, je crois qu’il faut absolument se rappeler qu’il s’agit d’un outil propre à notre époque. Dans la mesure où elle ouvre des portes, la technologie peut, en revanche, accroître l’exclusion. Elle peut nous permettre de débattre dans le cyberespace, mais nous permet-elle d’échanger véritablement? Mon optimisme me porte à croire que le temps et l’expérience nous enseigneront à ne pas laisser la technologie pirater l’humanisme dont nous avons si désespérément besoin pour créer un monde meilleur.

Habitué à joindre le geste à la parole lorsqu’il s’agit de diversité et d’inclusion, Jason cherche à se frayer un chemin et à inviter d’autres personnes à l’accompagner dans cette aventure. Le multiple médaillé paralympique aux épreuves de demi fond pour les athlètes aveugles tenait à contribuer à son tour au milieu sportif qui lui a tant donné, et à encourager les personnes de toutes les capacités à prendre conscience des bienfaits du sport sur le plan de la transformation de soi, comme il l’a fait lui même. Afficher la suite »

Ce que j’ai appris (jusqu’ici) concernant l’avenir d’un #Gouvfem au Canada
Fermer la boucle de rétroaction