Language selection

Language selection

« La contribution de canada@150 »


Nous nous sommes récemment entretenus avec un ancien de canada@150, Mark Matz, directeur exécutif, Opération, Plan de protection des océans de Transports Canada. Dans ce balado, il évoque son expérience passée en tant que chef de projet de canada@150 pour le Bureau du Conseil privé.

Dans son balado, il remonte en 2007 et explique que le projet canada@150 était initialement un programme de perfectionnement en leadership qui visait à explorer différentes façons de collaborer, de travailler ensemble et d’aborder les problèmes stratégiques. Dans cette entrevue, il souligne comment canada@150 a inspiré une composante technologique de collaboration au sein de la fonction publique. Il évoque également le rôle déterminant d’Horizons de politiques dans la mise à l’essai de la prospective comme outil clé d’élaboration des politiques.

Audio disponible en anglais seulement.

La transcription suit :


Bienvenue à la série de balados de Canada au-delà de 150. Mark Matz, un directeur exécutif de Transports Canada, est avec nous.

Commençons par les présentations

Bonjour, je suis Mark Matz. Je suis actuellement le directeur exécutif, Opération, du Plan de protection des océans de Transports Canada. Il y a environ 10 ans, j’étais chef de projet de canada@150 pour le Bureau du Conseil privé.

Quel était l’objectif premier lorsque vous avez décidé de créer canada@150?

Lors de sa conception en 2007, il s’agissait d’un programme de perfectionnement en leadership pour les fonctionnaires en début de carrière. Il était principalement axé sur les employés qui avaient récemment joint la fonction publique. Nous avions décidé un peu arbitrairement qu’il viserait les employés occupant des postes dotés pour une période indéterminée qui travaillaient dans la fonction publique depuis environ cinq ans.

Cependant, certaines des choses que nous voulions mettre à l’essai allaient au-delà du perfectionnement en leadership. L’un de nos objectifs consistait donc à assurer le perfectionnement des fonctionnaires, mais nous souhaitions également explorer différentes façons de collaborer et de travailler ensemble : nous voulions nous pencher sur la technologie, les modes de pensée et les différentes manières d’aborder les problèmes. Nous voulions essayer différentes choses auprès de ces jeunes fonctionnaires en début de carrière qui appartenaient à des groupes d’âge différents et qui avaient peu d’expérience de la fonction publique.

Nous voulions qu’ils essaient différentes méthodes de travail. Ils venaient de partout pays, car nous avons insisté pour que la géographie ne soit pas un obstacle. Nous souhaitions mettre en place une plateforme synchrone depuis laquelle ils pourraient collaborer. Cela voulait dire que peu importe le fuseau horaire des participants, la communauté élargie pouvait voir les conversations qui s’y déroulaient et y prendre part.

Nous avions également décidé de concevoir un moyen pour que les gens disposent d’un espace personnel où ils pourraient écrire un blogue sur leur expérience, leurs constatations ou leurs lectures dans une optique d’échange avec la communauté. Ils avaient également un profil à cet effet. Nous avons donc utilisé une plateforme qu’on appelait à l’époque « Clear Space ». Elle ressemblait beaucoup à la plateforme GCConnex actuelle. Il s’agissait d’une plateforme ouverte où chacun avait un profil et à partir de laquelle il était possible de faire de nombreuses choses. Les groupes élaboraient des documents en commun sur des wikis. Il était possible de télécharger des photos et de la musique. C’était à la fois un espace sérieux et ludique. Les gens pouvaient y avoir des conversations informelles. Nous pouvions y ajouter les vidéos de toutes les conférences auxquelles nous participions ensemble afin de pouvoir réfléchir rétroactivement. Il s’agissait en quelque sorte d’une composante technologique importante. Par ailleurs, Horizons de politiques a vraiment joué un rôle déterminant dans un autre domaine : la mise à l’essai de différentes façons d’aborder les problèmes et de différentes manières de penser, au-delà de la technologie. La prospective constitue l’un des principaux outils que nous avons introduits : cela consiste à utiliser des techniques de prospective pour déterminer les enjeux futurs potentiels, afin de cerner certains des facteurs sous-jacents susceptibles d’influer sur les enjeux futurs qui pourraient avoir des répercussions sur les politiques, puis d’envisager les solutions stratégiques appropriées pour y faire face.

Aujourd’hui, lorsque vous pensez à la contribution que vous aimeriez avoir faite et à ce que vous souhaiteriez voir réaliser, à quoi pensez-vous?

Une partie de la contribution de canada@150, selon moi, est d’avoir atteint nos objectifs. Il s’agit en partie de choses que nous n’avions pas prévues, mais qui sont devenues des avantages importants. Nous avons mis à l’essai de nombreux outils dont l’utilisation s’est répandue au sein de la fonction publique. Je pense par exemple à GCConnex et à d’autres types d’outils que les fonctionnaires utilisent maintenant un peu plus régulièrement. Ils ne les utilisent peut-être pas autant que nous pensions qu’ils le feraient il y a 10 ans, mais nous constatons qu’il existe un intérêt grandissant pour le recours à des moyens novateurs d’utiliser la technologie afin de surmonter certains obstacles, comme la distance.

Pourquoi pensez-vous que ces outils de collaboration en ligne, et même les outils de collaboration hors-ligne interministériels et la prospective, sont des outils importants pour l’innovation en matière de politique?

Je pense qu’il est très facile de s’habituer à une certaine façon de travailler. Cette façon de faire est acceptée et produit un certain résultat. Cette façon de travailler n’est pas mauvaise, mais nous passons sans doute à côté de nombreuses choses si nous ne prenons pas un peu de temps pour adopter une approche différente ou essayer d’autres outils. La prospective est un très bon exemple de la manière d’utiliser une technique différente pour réfléchir à un problème et pour se rendre compte que l’enjeu sous-jacent n’est finalement pas si important. Il est également possible de cerner d’autres facteurs favorisant le changement. Cela aura un effet bien plus important sur les résultats finaux recherchés.

Par exemple, si vous vous penchez sur les répercussions des changements climatiques sur les mouvements migratoires, notamment sur la paix internationale, la stabilité des États, etc., vous pourrez voir les choses sous un angle très différent et cerner les forces susceptibles d’influer sur le problème que vous examinez. Si vous prenez uniquement en compte la déliquescence de l’État, cela vous entraîne sur une voie étroite et les solutions que vous produisez sont des solutions que les gens connaissent déjà. Le fait d’envisager le problème sous un angle plus large est l’une des avancées principales qu’Horizons de politiques nous a apportées. Il est ainsi possible de comprendre un problème de manière plus nuancée et de mettre en œuvre des solutions qui s’attaquent aux problèmes sous-jacents.

À quel stade de votre carrière avez-vous intégré l’équipe du projet canada@150?

J’étais analyste pour le Secrétariat des priorités et de la planification du Bureau du Conseil privé. Je travaillais au sein du groupe de la planification et de la consultation. Je gérais les comités du Cabinet et j’examinais les documents qui étaient transmis au Cabinet. J’ai été mobilisé pour appuyer, puis diriger l’équipe du Bureau du Conseil privé qui mettait en œuvre canada@150.

Si vous repensez à cette expérience, quelle incidence a-t-elle eue sur votre carrière dans la fonction publique?

J’ai retiré deux avantages principaux du projet canada@150. L’un d’eux a été la possibilité d’apprendre. Apprendre à gérer une initiative complexe qui comportait de nombreuses composantes : une composante de perfectionnement professionnel, une composante informatique. Découvrir la manière dont les personnes interagissent, les différents outils que nous utilisions, les avantages et les désavantages de ces outils, les différentes manières d’interagir. Toutes ces choses étaient très importantes, et je les ai utilisées dans différents contextes.

Le deuxième avantage que j’ai retiré de ce projet a été un formidable groupe d’amis constitué de bon nombre de participants et des personnes travaillant au programme. Le programme en soi était une expérience de collaboration qui a permis de tisser des liens durables, ce qui est formidable. Cela fait dix ans que notre amitié dure, et il s’agit d’amis à qui je peux parler et que je peux appeler quand je le souhaite.

canada@150 a établi une vision pour la fonction publique de 2017. La vision de canada@150 que vous aviez imaginée s’est-elle concrétisée lorsque vous observez la fonction publique aujourd’hui?

Dans une certaine mesure, oui. Notre objectif n’a jamais été de rédiger un ensemble d’orientations pour le Canada en 2007 ou 2008, ni de prédire l’avenir en 2017. Ce n’était pas ce que nous cherchions à faire. Nous essayions de mener un exercice de perfectionnement dans le cadre duquel les gens collaboreraient pour résoudre les problèmes et les enjeux à venir, mais l’objectif n’était pas d’élaborer un programme stratégique pour le Canada ou la fonction publique.

Nous avons cependant été heureux d’apprendre qu’en fin de compte, de nombreuses ressources utiles ont été élaborées à partir des travaux des groupes et des participants. Les ressources qu’ils ont produites ont largement donné matière à réflexion.

En y repensant, je crois qu’en s’adonnant à des exercices de prospective et en se penchant sur des idées relatives aux politiques, plusieurs participants ont cerné des sujets qui sont encore importants pour nous aujourd’hui. Canada au-delà de 150 s’intéresse à bon nombre de ces sujets. L’ouverture et la transparence du gouvernement étaient des sujets très importants pour un certain nombre de participants, d’autant plus que le fait d’utiliser un outil technologique conçu pour l’ensemble des participants leur permettait de jouir de plus de transparence concernant le processus d’élaboration de politiques. Ils pouvaient voir ce que les différents groupes faisaient. Ils pouvaient voir les différentes conversations qui émergeaient. Ils pouvaient également prendre part à ces discussions et participer à la rédaction de différents documents, s’ils le souhaitaient. Ce souci de la transparence dans le cadre du projet canada@150 est devenu un aspect très important de la gouvernance et de la façon dont ils envisageaient l’avenir de la fonction publique. Ces exemples ont pesé dans le dialogue sur le gouvernement ouvert, les données ouvertes et le gouvernement transparent. Il s’agit de sujets qui sont encore d’actualité.

Si vous pouviez donner un conseil tiré de votre propre expérience aux membres de la cohorte sélectionnée pour le projet Canada au-delà de 150, quel serait-il?

Je leur dirais d’être audacieux. D’après mon expérience acquise dans le cadre du projet canada@150 et au cours de ma carrière, la plupart des limites auxquelles les gens font face sont des limites qu’ils s’imposent eux-mêmes. Mon conseil serait de faire du mieux possible pour sortir des sentiers battus et pour aborder les problèmes de manière créative. Et plutôt que de présumer qu’une seule solution est envisageable et que seules certaines idées sont acceptables, il faut penser le contraire. Il faut oser penser différemment. En fin de compte, si une idée n’est pas fructueuse, pas de problème, il faut la laisser de côté. Mais il est essentiel d’avoir fait cette démarche afin d’apprendre et de se perfectionner en vue de devenir un inspirateur de la politique au sein du gouvernement.

Horizons de politiques Canada, également connu sous le nom de Horizons, est une organisation au sein de la fonction publique fédérale qui mène des activités de prospectives stratégiques sur des enjeux transectoriels qui informent les fonctionnaires sur les conséquences des politiques publiques possibles au cours des 10 à 15 prochaines années.

« L’intelligence artificielle est la force du Canada »
« M’entendez vous maintenant? » Conseils pour améliorer la participation virtuelle