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« L’intelligence artificielle est la force du Canada »


Nous nous sommes récemment entretenus avec Michael Karlin, un des anciens de Canada 150. Dans son balado, il parle des outils de prospective qu’il a découverts à Canada 150 et explique comment ils l’ont amené à faire ce qu’il fait aujourd’hui : étudier l’intelligence artificielle et l’automatisation du travail pour la Direction du dirigeant principal de l’information du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, où il se spécialise en politiques et stratégies liées aux services numériques.

Dans cette entrevue, il décrit à son auditoire l’avenir du travail. Il amène les auditeurs à réfléchir à l’importance de la prospective dans l’élaboration de politiques afin que la classe politique soit capable de « gouverner le navire pendant encore très longtemps ».

Audio disponible en anglais seulement.

La transcription suit :


Bienvenue à la série de balados de Canada au-delà de 150. Nous avons avec nous Michael Karlin, qui est conseiller en matière de politiques au Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, où il se spécialise en services, politiques et stratégies numériques.

Alors Michael, parlez-nous de vous. Quel est votre rôle actuel au sein de la fonction publique fédérale?

Eh bien, je suis conseiller. Je travaille à la Direction du dirigeant principal de l’information du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada. Mon rôle principal consiste à élaborer des politiques sur l’intelligence artificielle pour le gouvernement du Canada, mais j’accomplis aussi d’autres tâches dans le domaine des services numériques.

Décrivez-nous votre carrière au sein de la fonction publique canadienne avant que vous entendiez parler de Canada 150.

Cela ne faisait pas longtemps que je travaillais dans la fonction publique. Je venais de me joindre à l’unité des affaires du Cabinet de l’Agence des services frontaliers du Canada. C’est à partir de là que j’ai songé au gouvernement, parce que c’était un bon endroit où travailler pour voir tout ce qui se passait et toutes les politiques en cours d’élaboration. J’ai commencé à voir le gouvernement de façon globale. Ce programme m’a donné l’occasion d’explorer davantage cet aspect du gouvernement ainsi que de réfléchir aux enjeux liés aux politiques, aux politiques interministérielles, et à l’avenir.

Lorsque vous repensez à votre passage à Canada 150, quelles sont vos expériences les plus mémorables?

Premièrement, les conférences étaient extraordinaires. Elles étaient un peu comme un accélérateur de particules ou un autocuiseur. On rassemblait bon nombre de personnes intelligentes et on leur demandait de réfléchir à des questions de façon très intense pendant une courte période. Les idées qui en découlaient étaient vraiment incroyables. J’ai constaté qu’à mesure que le travail progressait, nous travaillions ensemble sur ces documents de politique. Nous étions dans des groupes de dix personnes. À mesure que le travail avançait, nous avons établi des liens d’amitié et des réseaux solides qui existent encore aujourd’hui. Évidemment, il est impossible de se lier d’amitié avec les 150 participants. Mais j’ai tissé de tels liens avec les personnes avec lesquelles j’ai travaillé.

Quand vous réfléchissez au passé et au présent, pensez-vous que Canada 150 a changé la façon dont vous travaillez?

Définitivement. Je travaille à des projets liés à l’intelligence artificielle et à l’automatisation du travail. Il s’agit d’un domaine vraiment avant-gardiste. Je suis très chanceux d’œuvrer dans un domaine où j’ai maintenant l’occasion de me consacrer à certaines des choses que nous avions prédites et de contribuer à en faire une réalité.

Selon vous, pourquoi les outils comme la prospective et la collaboration sont-ils importants pour l’innovation en matière de politiques?

Eh bien, nous œuvrons généralement de manière à ce que le fruit de notre travail ait des répercussions pendant de nombreuses années. Nous faisons les choses pour inciter la société à aller dans une certaine direction. Notre raison d’être dans une démocratie de Westminster est de voir au-delà de la durée d’un mandat. La classe politique se tourne vers nous afin de s’assurer que nous continuons à diriger le navire vers l’avenir. Nous devons accomplir cette tâche. Si nous mettions au point des politiques pour un seul mandat ou deux au maximum, je ne crois pas que nous ferions notre travail. Je crois que la prospective fait partie intégrante de la raison pour laquelle la fonction publique existe.

Environ 90 fonctionnaires ont été sélectionnés. L’expérience appelée Canada au-delà de 150 est sur le point d’être lancée. Quels conseils donneriez-vous à ces fonctionnaires afin qu’ils profitent au maximum de leur expérience?

Je leur dirais très certainement de ne pas se concentrer sur le produit final. L’important, ce n’est pas le produit, mais bien la démarche. Je ne veux pas tomber dans le cliché, mais en fin de compte, notre produit final était bon. Toutefois, les meilleurs aspects étaient la formation et la capacité de travailler à distance avec des outils numériques, ce qui était déjà avant-gardiste. Pour cet exercice en particulier, il faut vraiment se concentrer sur la façon dont nous travaillons, les outils que nous élaborons, les réseaux que nous mettons en place : ainsi, nous ne pouvons qu’être fiers du produit final.

Quel est l’avenir de l’IA pour le Canada?

L’IA est la force du Canada. Nous avons présenté dans le dernier budget la Stratégie pancanadienne en matière d’intelligence artificielle, qui consiste à travailler avec des « supergrappes » qui ont été établies notamment à Montréal, à Toronto et à Edmonton, mais aussi en grappes d’IA établies un peu partout au pays. Au Canada, nous avons un mouvement d’entrepreneuriat et d’innovation qui provient de l’industrie et du milieu universitaire. Le gouvernement doit vraiment apprendre de ces expériences. Nous allons donc tous travailler en étroite collaboration.

D’après vous, qu’est-ce que l’IA signifie pour le développement socioéconomique au Canada?

Pour être honnête, je crois que l’IA et l’automatisation favoriseront des changements sociaux et économiques profonds. Ce qui différencie l’IA de l’automatisation du passé, comme les robots stupides, est son potentiel de remplacer des tâches plus avancées, donc d’avoir une incidence sur les emplois de cols blancs. Nous devons déterminer la nature de ces répercussions rapidement en coopération avec le milieu universitaire et l’industrie afin de trouver une façon de les minimiser. Les médias parlent beaucoup du risque de pertes d’emplois découlant de l’IA, tandis que d’autres présentent la situation de façon édulcorée. Je me trouve à mi-chemin entre les deux. Nous devons trouver des réponses à ces questions et déterminer l’avenir du travail. Je pense que nous pouvons y arriver en travaillant en collaboration avec les autres ministères.

Lorsque vous pensez à l’avenir de la fonction publique, qu’est-ce qui, selon vous, est le plus stimulant?

Je commence à observer l’amorce des changements dont j’entendais parler il y a 8 ou 10 ans. Par exemple, un changement en vue de devenir une organisation plus horizontale. D’être plus ouverte à l’innovation. De réagir plus rapidement aux changements sociaux, de prédire les changements sociaux et d’élaborer des politiques en vue des prévisions. Je pense vraiment que la fonction publique a un avenir prometteur. Nous nous sommes enfin rendu compte que nous ne sommes pas la seule voix politique du pays. Nous commençons à comprendre comment mieux travailler avec la société civile, le milieu universitaire et le secteur privé.

Si certains des participants de Canada au-delà de 150 voulaient entrer en contact avec vous, quel type de mentorat pourriez-vous leur fournir?

Eh bien, je suis un bon gars. Je passe mes journées à travailler avec les autres. Le livre blanc des perturbations numériques sur l’intelligence artificielle du gouvernement du Canada sera élaboré de façon relativement ouverte. Nous allons tout afficher sur GCcollab. Nous écrirons des articles de blogue dans les médias. Nous ferons la promotion de l’ouverture et de la collaboration le plus possible au sein du gouvernement et de l’industrie. Je serais heureux de faire part de ces expériences et de ces meilleures pratiques. Aussi, en ce qui concerne l’assurance d’un certain réconfort à la haute direction, j’ai souvent eu l’occasion d’aider la haute direction à se détendre et à voir les avantages de disposer d’un personnel dévoué capable de travailler dans plusieurs secteurs.

Michael, merci beaucoup d’être venu nous parler aujourd’hui.

Horizons de politiques Canada, également connu sous le nom de Horizons, est une organisation au sein de la fonction publique fédérale qui mène des activités de prospectives stratégiques sur des enjeux transectoriels qui informent les fonctionnaires sur les conséquences des politiques publiques possibles au cours des 10 à 15 prochaines années.

Mon futur travail
« La contribution de canada@150 »