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Réflexions d’un homme sans chandail dans une hutte de sudation


J’ai porté des lunettes chaque jour, toute la journée, pendant 19 ans. Je ne fais rien sans elles et je me sens vulnérable lorsque je vois le monde à travers mes yeux faibles et nus. Mais la semaine dernière, à Winnipeg, je n’avais pas besoin de mes lunettes pour voir le fruit de mon travail dans le cadre du projet Canada au-delà de 150.

Mon équipe et moi nous sommes rendus à Winnipeg récemment à l’occasion de la réunion de mi-projet et des entrevues auprès des intervenants. Notre groupe travaille sur la réconciliation. Dans le cadre de notre expérience d’apprentissage, nous avons participé à une cérémonie de la suerie organisée par le Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR). Kevin, du CNVR (situé sur le campus de l’Université du Manitoba) nous a mis à l’aise et nous a renseigné au sujet du centre : sa mission, ses membres et ses installations. C’est là que j’ai eu ma première purification traditionnelle afin de nettoyer mon esprit et de me préparer aux conversations que nous étions sur le point d’avoir. La sauge séchée a été allumée et éteinte, et mes mains ont orienté la fumée vers ma tête, mon visage, mon cœur et mon corps.

Cette boîte en bois courbé a été transportée partout où la Commission de vérité et de réconciliation s’est rendue. Elle contenait les offrandes, les histoires et même les mouchoirs utilisés des gens qui ont présenté leur chemin vers la guérison et la réconciliation. Le contenu de la boîte a été brûlé dans le feu sacré à l’extérieur de l’administration centrale du CNVR, ce qui a pris des mois. La boîte elle-même a récemment été rapatriée du Musée canadien des droits de la personne et est posée dans la salle de réunion où nous nous sommes réunis au CNVR.

Nous nous sommes ensuite rendus dans un champ couvert de neige, à une température manitobaine de -25 °C pour trouver un grand feu et un abri d’auto pour deux voitures où nous pouvions nous changer et mettre des robes de coton (pour les femmes) et des chemises (pour les hommes). J’ai dû enlever mes lunettes.

Nous étions 21 et nous nous sommes tous glissés dans une hutte ronde de 10 pieds sur 4 pieds dont le centre contenait des pierres appelées « red lava grandfathers ». Nos guides de cérémonie Michael, Lionel, Don et Virginie ont dirigé nos quatre cycles de prière. Avant de commencer, nous avons fumé du tabac et on nous a transmis de l’information sur le sens de la structure de la hutte et sur les branches en forme de fourches entourant les pierres. Le foin d’odeur qui donne à la hutte sa fragrance a été utilisé pour bénir chaque pierre. Avant les premières prières, nous avons fermé la porte et la hutte est devenue complètement noire, à l’exception de la lueur des pierres et des étincelles qui s’échappaient du foin d’odeur séché lancé dans la pile. Je me souviens que ma vision brouillée créait de beaux cercles lumineux autour des étincelles créées par les herbes médicinales qui brûlaient.

Au début des prières, j’ai fait mon possible pour tenir le coup malgré la chaleur, me concentrer sur mes intentions au moment de l’offrande du tabac que j’avais apporté et chanter les prières. Mais une hotte de sudation, si vous n’y êtes jamais allé, c’est très chaud, en particulier avec les nouvelles roches apportées à chaque cycle (il y avait quatre cycles, chacun composé de quatre prières).

L’expérience était intense. Je remercie Virginia, Michael, Don et Lionel d’avoir partagé leur histoire personnelle et j’ai vraiment aimé parler avec Jude et Nick qui s’occupaient de maintenir le feu. Nos hôtes ont été généreux, ouverts et prêts à faire connaître leur culture et leurs histoires. Dans cette hutte, je n’ai pas eu besoin de mes lunettes pour voir que, pour moi, le chemin vers la réconciliation se ferait en établissant un contact sur le plan personnel avec les autres. Pour réellement échanger avec les autres, nous devons être à l’aise de parler de notre propre histoire.

Miigwetch.

Martin, qui se désigne comme un penseur systémique et un futuriste, a une vision optimiste de la race humaine et il est convaincu que son travail en tant que fonctionnaire sera utile. Adressez‑vous à lui si vous voulez discuter de gestion des connaissances, de conception, de jeux vidéo et de menuiserie ou pour connaître une histoire drôle sur mes enfants de trois ans et d’un an.

Vivre. Gazouiller. Apprendre.
Bâtir des ponts